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" Jeux de miroir dans deux récits gémellaires :
Floris et Lyriopé (XIIIe siecle) et Gillion de Trazegnies (XVe siècle) "
C'est à travers deux récits de jumeaux que nous verrons la problématique du miroir et de l'identité. Le premier, Floris et Lyriopé, est un roman en vers du XIIIe siècle de Robert de Blois. Cette réécriture originale du mythe de Narcisse selon Ovide a pour principal sujet la rencontre entre ses parents. Le second, Gillion de Trazegnies, roman anonyme en prose du XVe siècle, est une variante du thème du " mari aux deux femmes " auquel s'ajoute celui des jumeaux. On est face à deux types de gémellité dans ces romans. Les jumeaux Floris et Florie sont tellement semblables qu'ils échangent leurs identités, alors que les jumeaux de Trazegnies ont des caractères bien distincts. Une spécularité se développe aussi entre les parents et les enfants, introduisant les notions d'hérédité et de fatalité. En outre, la structure narrative de chacun de nos récits est un véritable jeu de reflets : des épisodes se font écho ou fonctionnent comme miroirs proleptiques, trompeurs ou non, d'une partie du récit. Mais à travers les personnages en miroir, se joue surtout la question de l'identité : l'identité sexuelle, notamment entre les " triplés ", Floris, Florie et Lyriopé, et l'identité lignagère, détruite par Narcisse, ou édifiée par les jumeaux de Trazegnies.
Publié dans “Miroirs et jeux de miroirs dans la littérature médiévale”, F. Pomel (dir.), Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2003.
